Les Canadiens font les frais d'un système de santé étriqué
OTTAWA, le 8 novembre 2001 – ” Pendant que les politiciens fédéraux et provinciaux se querellent au sujet des factures à payer et qu’ils s’évertuent à défendre leur gloriole, les Canadiens souffrent. ” C’est ce qu’a déclaré Rex Guy, Président national de l’Association nationale des retraités fédéraux aujourd’hui alors qu’il s’adressait au Comité sénatorial permanent des Affaires sociales, science et technologie réuni à Fredericton pour traiter du système de santé canadien.
M. Guy a déclaré sans ambages que les ménages canadiens défraient tous les coûts du système – 70 % par leurs taxes et 30 % par l’achat de médicaments et de services de santé. Ils se balancent éperdument de savoir quel palier de gouvernement absorbe la note. Ils ne veulent que le système marche rondement, dans le respect de valeurs nationales, comme l’équité.
Afin de démontrer à quel point le débat de fond a été placé sur la voie d’évitement, M.Guy a souligné que plusieurs provinces tentent de limiter la portée du système pour les aînés au chapitre des médicaments d’ordonnance et des soins de convalescence à domicile, alors qu’il ne fait aucun doute que des programmes universels à ces égards mèneraient à des économies. Un régime national d’assurance-médicaments permettrait au gouvernement de négocier les prix les plus bas pour les médicaments, sans compter qu’il permettrait de réduire les pratiques ruineuses en prescriptions et diminuerait l’interaction médicamenteuse. Par ailleurs, un régime national de soins de convalescence à domicile entraînerait des économies en ce qu’il libérerait des lits actifs. ” Comment des gouvernements peuvent-ils tourner le dos à des programmes promettant de meilleurs soins à moindres coûts ? ” s’est interrogé M. Guy.
Le président de l’ANRF a particulièrement été tranchant en commentant la perspective d’un système à deux paliers en disant que tel système est intrinsèquement inefficace – coûts accrus pour le même niveau de service, administration compliquée et en violation des cinq principes directeurs de la Loi canadienne sur la santé.
M. Guy a, par la même occasion, tenu à féliciter le Comité sénatorial pour son analyse à ce jour du système de santé. Il s’est notamment dit d’accord avec son observation à l’effet que le système n’est pas en si piteux état qu’on voudrait nous le faire croire. À l’instar du Comité, M. Guy a souligné le besoin de réforme – particulièrement en ce qui concerne les soins primaires. Il a convenu que cette réforme a été bloquée par des puissants groupes d’intérêt, mais il a ajouté qu’une façon efficace d’équilibrer le rapport de forces serait d’intégrer au débat des regroupements sans but lucratif. ” Les gouvernements devraient stimuler la participation éclairée des ménages et de leurs regroupements “, a dit M. Guy.










